La communauté internationale célèbre le 17  juin de cette année, la journée mondiale de lutte contre la désertification et la sècheresse. Au Togo, c’est un double événement. La célébration de cette journée est couplée avec celle de l’environnement observée chaque 5 juin. Occasion pour le ministre en charge de l’environnementd’appeler dans un message à bannir toute activité contribuant à la désertification, à la sécheresse et à la réduction significative des actes dégradantla qualité de l’air.

Voici l’intégralité du message du professeur David Wonou OLADOKOUN ministre de l’environnement, du développement durable et de la protection de la nature

« Chers concitoyens, Mesdames et messieurs,

Le mois de juin comporte plusieurs événements de portée nationale et internationale au sujet de l’environnement et ce, à l’initiative du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

  • Le 1er juin, journée nationale de l’arbre, nous avons lancé la
    campagne nationale de reboisement.
  • Le 5 juin, c’est la journée mondiale de l’environnement.
  • Le 8 juin, c’est la journée mondiale des océans et des mers dont
    la célébration a été l’initiative du Haut Conseil pour la Mer.
  • Le  17 juin,  c’est la journée mondiale de la lutte contre la
    désertification     et     la    sécheresse     que     nous    célébrons exceptionnellement  cette  année  en   lien   avec  la       journée mondiale de l’environnement à travers cette adresse.

Il s’agit là d’autant d’événements qui traduisent la consécration internationale de la gestion de l’environnement par la communauté internationale et auxquels notre pays souscrit pleinement, grâce à la vision écologique du Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbe.

Mesdames et messieurs,

Depuis son lancement en 1974, la journée mondiale de l’environnement constitue une plateforme mondiale de sensibilisation et de mobilisation du public pour une protection de la planète terre contre toute forme de dégradation de l’environnement.Elle est célébrée cette année sous le thème «la pollution atmosphérique ». Ce thème constitue une exhortation à tous les pays du monde entier à s’unir pour lutter contre la pollution de l’air sous toutes ses formes.

Il est établi que la pollution atmosphérique ; surtout en milieu urbain, at un impact sur la santé humaine. L’OMS désigne la pollution de l’air comme un « tueur invisible » qui nécessite une prise de conscience collective et individuelle. Plus de 3,8 millions de personnes par an meurent prématurément de maladies imputables à la pollution de l’air domestique due à la cuisine à base de combustibles solides. Environ 439 000 décès par an en Afrique sont dus à la pollution de l’air extérieur.

De nombreux polluants atmosphériques contribuent également au réchauffement climatique. Le carbone noir, extrêmement nocif, en est un exemple. Il est généré par les moteurs diesel, l’incinération des déchets et les fourneaux polluants.

Réduire des émissions de ce type de polluants non seulement serait bénéfique pour la santé humaine, mais aussi contribuerait à atténuer le réchauffement climatique, résultats attendus de la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) qui s’insèrent parfaitement dans les objectifs environnementaux du plan national de développement (PND 2018-2022).

Des initiatives, prises ou envisagées dans différentes secteurs pour améliorer la qualité de l’air et pour lutter contre les changements climatiques feront l’objet de communication plus ciblée.

Hormis la pollution de l’air qui est une menace pour la santé humaine, l’économie et l’environnement, d’autres phénomènes environnementaux constituent des défis importants et touchent la conscience collective.

C’est le cas de la désertification et de la sécheresse qui impactent le développement par leurs effets pervers sur les systèmes de productions dans communautés rurales.

Mesdames et messieurs,

Cette année, la journée mondiale de lutte contre la désertification, est célébrée sous le thème «Construisons l’avenir ensemble ». Cette journée a pour but de nous rappeler les dangers de la désertification et de la sécheresse dans le monde. La célébration de cette journée est une occasion pour mesurer le chemin parcouru dans la mise en œuvre des mesures prises et de formuler les grandes orientations des 25 prochaines années, avec comme objectif final, la neutralité en matière de dégradation des terres.

Selon la convention des nations unies sur la lutte contre la désertification, ce phénomène se traduit par la dégradation des sols dans les zones arides et semi arides ; lesquelles zones s’étendent sur 40% de la surface terrestre et abritent 2  milliards d’êtreshumains. La désertification est un phénomène continu et silencieux qui a des effets divers sur la nature comme sur les êtres humains qui y vivent à savoir :

  • destruction d’écosystèmes entiers,
  • accélération du dérèglement climatique
  • augmentation de la pauvreté.

Les enjeux liés au phénomène sont énormes. En effet, d’ici 2025, 1,8 milliard de personnes seront confrontées à une pénurie d’eau absolue et les deux tiers de la planète vivront dans des conditions de stress hydrique. Cela pourrait provoquer plus de morts et de déplacements de population que toute autre catastrophe naturelle. En 2018, le manque à gagner lié à la désertification a été évalué à 42 milliards de dollars par la Banque Mondiale.

La dégradation des sols entraine la pauvreté et la migration de masse à cause des famines qu’elle génère. Il a été estimé à environ 60 millions de personnes, les victimes qui pourront quitter les zones désertifiées de l’Afrique subsaharienne entre 1997 et 2020 à la recherche de milieux propices.

Notre Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques, adopté en 2016, révèle que les causes majeures de la dégradation des terres sont: l’érosion, les feux de végétation associés aux vents secs et desséchants, les défriches, l’utilisation incontrôlée des herbicides et des engrais, ainsi que la surexploitation des ressources forestières.

Cette surexploitation est due aux besoins sans cesse croissant en bois d’œuvre et en bois énergie. La stratégie nationale REDD+ a estimé, en 2018, les besoins annuels en bois d’œuvre à 40 000 mètre-cube. La quantité de bois énergie consommée par les ménages et les autres catégories socioprofessionnelles au Togo est évalué à plus de 7 millions de mètre cube par an.

Les projections indiquent que ces besoins vont augmenter pour atteindre 10 millions en 2030 et doubler en 2050. Par comparaison au potentiel forestier actuel évalué à 75 millions de mètre cube, la capacité de la ressource disponible pour couvrir de façon durable les besoins estimés, pourrait être compromise si aucune mesure n’est prise.

Au niveau de l’agriculture, il en résulte une forte baisse de la fertilité des sols avec de faibles rendements agricoles dans certaines parties du pays notamment les régions des Savanes et la partie Est de la Maritime.

Au niveau de la filière de l’élevage, le déficit hydrique et l’assèchement du climat entraînent le tarissement des points d’abreuvement des animaux, la dégradation des pâturages, la baisse des revenus des pasteurs et agro-pasteurs et l’exode rural.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant quand on sait que plus de 70% de la population togolaise est agricole et ce secteur représente près de 40% du PIB national.

Face à cette situation, des mesures se prennent au fil du temps. Celles-ci portent sur :

  • la définition des cibles en 2018 pour l’atteinte de la neutralité en
    matière de dégradation des terres (NDT). Cette mesure vise la
    restauration d’ici à 2030, d’au moins 80% des terres dégradées,
    la limitation à 2% de la dégradation des terres non encore
    dégradées ;
  • la   promotion    de    la   foresterie   communautaire   à   travers
    l’aménagement et la gestion durable de plus de 35 000 hectares
    du domaine des particuliers ;
  • l’amélioration des techniques de carbonisation et la vulgarisation
    des foyers améliorés;
  • l’augmentation du potentiel forestier à travers les actions de
    reboisement et d’enrichissement;
  • la restauration des terres et des paysages forestiers dans le
    cadre de la réalisation de la cible nationale à l’initiative AFR100 ;
  • l’élaboration du plan national sécheresse en 2018 et sa mise en
    œuvre ;
  • la formulation du Projet intégré de restauration et de gestion
    durable des terres dégradées dans les zones semi-arides des
    régions des Savanes et de la Kara.

Mesdames et messieurs,

La double célébration des journées mondiales de l’environnement et de lutte contre la désertification et la sécheresse nous offre l’occasion   d’exprimer   encore   une   fois   encore,   au   nom   du Gouvernement togolais et au mien propre, la gratitude de notre pays à l’égard de nos Partenaires Techniques et Financiers dont les appuis permettent au Togo d’honorer ses engagements dans le cadre de la lutte contre la désertification.

Ces remerciements s’adressent particulièrement :

  • au   secrétariat   de   la   convention   sur   la   lutte   contre   la
    désertification et la sécheresse,
  • à la FAO,
  • au PNUD,
  • à l’Union Européenne,
  • à la Coopération Allemande/GIZ,
  • à la Banque Mondiale,
  • et j’en passe.

Je tiens également à réitérer mes sincères remerciements à tous les acteurs nationaux qui œuvrent pour une gestion durable de l’environnement en vue du renforcement de la résilience de nos communautés et des écosystèmes face aux changements climatiques.

Chers concitoyens,

Restons mobilisés dans l’action pour faire barrage à l’avancée de la désertification sur la terre de nos aïeux.

Je vous remercie »