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BELLA BELLOW L'ICONE DE LA MUSIQUE TOGOLAISE
Ecoutez la musique
Hommage mérité à l’artiste.
Ce 10 décembre 2004, le peuple togolais s’est souvenu d’une de ses dignes filles : Bella Bellow, artiste de la chanson, de son vrai nom Adjoavi Georgette Bellow, décédée accidentellement le 10 décembre 1973. Pour marquer l’événement, plusieurs manifestations sont prévues çà et là dans le pays.
Il s’agit notamment de la finale d’un tournoi de football féminin à savoir la Coupe Bella Bellow initiée par la Fédération Togolaise de Football, pour commémorer l’événement. C’est la 2ème édition de cette compétition, dont la finale sera disputée le 12 décembre au stade d’Agoè-Nyivé dans la banlieue- nord de Lomé. Elle opposera comme l’année dernière, la Ligue de Lomé à celle de Kara, vainqueur surprise de la 1ère édition.
En effet, en 2003, la Ligue de Kara, qui a monté, il y a pas si longtemps, une équipe féminine de football avait créé la surprise en remportant le trophée devant Lomé Commune plus aguerrie. La finale avait été disputée à Atakpamé, ville d’origine de Bella Bellow. Evénement grandiose qui avait connu la participation d’une foule nombreuse au premier rang de laquelle plusieurs membres du gouvernement, témoigne la reconnaissance des plus hautes autorités du Togo à l’œuvre et au talent de Bella Bellow.
D’ailleurs, par le passé, le gouvernement togolais avait manifesté sa reconnaissance à la mémoire de l’artiste en émettant un timbre-poste à son effigie et qui est encore en circulation aujourd’hui.
Au niveau sous-régional, Bella Bellow avait été également honoré. Souvenez-vous des billets de 10. 000 francs de la BCEAO qui avaient été mis en circulation et portant son effigie et communément appelés « Bella Bellow ».
L’an dernier, une soirée culturelle dénommée « Mémoriam à Bella Bellow » avait été organisée, le jour anniversaire du décès de la diva, la coqueluche, le porte-flambeau de la musique togolaise, par les amis de Bella Bellow et animée par la Psalmette des Enfants de Marie (la chorale des enfants de la Paroisse Saint Antoine de Padoue de Hanoukopé, un quartier de la capitale togolaise), l’Association Catholique des Jeunes de Hanoukopé, le Gospel Band, Marthe Audrey et d’autres artistes de la chanson togolaise.

Qui était Bella Bellow ?

De père togolais, d’origine nigériane et d’une mère d’origine ghanéenne, Georgette Adjoavi Bellow, alias Bella Bellow, est née un lundi de l’année 1945 à Tsévié dans la préfecture de Zio. Fille aînée d’une famille de sept enfants, Bella Bellow, comme on l’appelait affectueusement, a été éduquée dès sa tendre enfance, à aider sa mère dans les tâches domestiques. Ses dons fantastiques de chanteuse furent très vite détectés. Elle fut donc souvent sollicitée dans sa ville natale pour chanter lors des manifestations culturelles et artistiques.
Elle a su conjuguer études et carrière artistique naissante. Son idole était Myriam Makéba d’Afrique du Sud. Bella Bellow mena avec brio ses études secondaires à Lomé où elle prit part à de nombreux récitals. La qualité merveilleuse de sa voix et la sensibilité de ses interprétations avaient enthousiasmé un très large public. Alors âgée de 20 ans en 1965, Bella Bellow devient grâce à son talent, l’ambassadrice de la chanson togolaise dans le monde. Son succès international fut immédiat et sans cesse croissant. Bella, telle une étoile filante a illuminé et enchanté la vie de millions de mélomanes.
Après une formation en secrétariat à Abidjan en 1967, Bella Bellow partit en France pour conquérir Paris. Elle y occupa un emploi qualifié à l’Office du Tourisme Africain. La musique irradiait toute son âme. Elle signa plusieurs chansons et donna des récitals en divers points de la planète notamment à Abidjan. Dakar, Paris, Bruxelles, Split, Rio de Janeiro etc.

La carrière de l’artiste

Bella Bellow avait l’étoffe, l’envergure et surtout le talent d’une grande vedette originale et à part entière. Elle choisissait le plus souvent des thèmes populaires qu’elle retournait à son idée, adaptait selon son inspiration personnelle. En 1965, elle était invitée par le président du Dahomey de l’époque, pour animer la fête de l’indépendance du pays. En 1966, Bella représente le Togo au festival des arts nègres à Dakar. Elle est ensuite la vedette d’un show télévisé en Côte d’Ivoire. Une année plus tard, elle débarque à Genève en Suisse où elle signe un très grand succès au Gala de l’Office du Tourisme Africain. En 1968, Bella occupait un poste de secrétaire dans la journée et chante chaque soir au Club de l’Etoile à Paris accompagnée par Manu Dibango.
En 1969, Bella Bellow entre en studio et enregistre son premier disque (Zélié et Ruckia). Dans Zélié, elle s’interroge : « rencontrerons-nous le véritable amour de notre vie et non l’homme qui nous réduira en esclavage ? ». Elle est par la suite invitée au Gala de l’OCAM qui s’est tenu à Kinshasa où elle se produit devant quatorze chefs d’Etat.
Bella monte, elle est en vedette à l’Olympia à Paris : c’est le triomphe. Ensuite au festival organisé à Alger, elle obtient une véritable consécration. Elle rencontre pour la première fois son idole de toujours et d’enfance la sud-africaine Myriam Makéba. Une grande amitié naît entre les deux consœurs.
En 1970, Bella Bellow se produit au Brésil au stade Maracana où plus de 100. 000 personnes l’ovationnent lors du Festival de Rio. Elle animera l’année suivante des galas en Guadeloupe et aux Antilles Anglaises et Split en Yougoslavie. Elle participe ensuite à une série de shows télévisés à Bruxelles. En 1972, la diva se consacre en grande partie à sa vie conjugale avec toutefois un gala à Bonn (RFA) dans le cadre de l’anniversaire de l’O.U.A.
A noter qu’au début de cette année là, plus précisément le 29 janvier 1972, Bella Bellow convola en justes noces à Atakpamé avec Théophile Jamier-Lévy, alors juge de section au tribunal de droit moderne de la ville d’Atakpamé. Le mariage a été célébré par le révérend père Paul Kuévi, actuellement Curé de la paroisse Notre Dame de la Paix à Tokoin-Ouest à Lomé. De cette union, naquit une petite fille nommée Nadia.
Son bonheur fut très grand, mais sa vie d’épouse fut trop courte pour qu’elle ait pu en tirer pleinement satisfaction. Le 10 décembre 1973, Bella a été fauchée en pleine ascension de sa vie et de sa carrière, dans un accident de la circulation à Tsévié, la ville qui l’a vu naître. Quelle ironie du sort ? Elle rendit l’âme sur le coup. Elle avait 28 ans. On s’interroge encore sur les causes profondes du décès tragique de la star togolaise, tout comme celle de Docteur Kaolo, virtuose du football togolais, un an plutôt, dans des conditions presque identiques.
Pendant son bref passage sur « cette vaste scène de théâtre des hommes qu’est notre monde », Bella Bellow a su représenter dans la dignité et dans l’honneur, la femme togolaise dans ce qu’elle a de meilleur dans son génie créateur et dans ses vertus cardinales.

Mathias AYENA
mathias.ayena@radiolome.tg

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