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Le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac TCHIAKPE, a procédé ce samedi 14 février 2026 à Kpalimé à la pose de la première pierre de la résidence des artistes plasticiens, une infrastructure appelée à renforcer durablement l’écosystème culturel togolais. Cet acte symbolique marque une nouvelle étape dans la structuration des industries culturelles et créatives et traduit la volonté du gouvernement d’offrir aux créateurs un cadre professionnel dédié à la production et à la diffusion des œuvres.
En prélude à la cérémonie, le ministre a passé en revue les artistes à l’œuvre dans le cadre de l’événement « La Sève Parlante ». Cette immersion au cœur du processus créatif lui a permis d’apprécier la qualité des travaux en cours et de saluer l’engagement des participants venus d’horizons divers. Les échanges avec les plasticiens ont mis en lumière la pertinence artistique et sociale des créations présentées.
Porté par l’Amouzou foundation association, le projet « La Sève Parlante » réunit une dizaine d’artistes entre Lomé et Agou autour du thème « Jusqu’à ce que la sève ne brûle ». À travers l’art de l’assemblage et l’utilisation d’objets de récupération, les créateurs interpellent sur les conséquences du consumérisme et de la pollution environnementale, inscrivant leur démarche dans la dynamique des réflexions liées à la COP 2025.
L’implantation de cette résidence à Kpalimé conforte la vocation culturelle et touristique de la ville. À terme, l’infrastructure ambitionne de devenir un pôle de référence pour les résidences, les master class et les expositions, tout en favorisant les échanges internationaux. Par cette initiative, le ministère entend faire de la création artistique un levier stratégique de sensibilisation, de cohésion sociale et de rayonnement culturel.
Depuis New Dehli en Inde, ce 11 décembre 2025, « La prise de la pierre sacrée ou les rites du nouvel an en pays Guin au Togo » ou encore EKPESOSO, a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO lors de la 20ème session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Cette inscription est intervenue en présence d’une forte délégation du Togo composée des officiels, des professionnels du patrimoine et des représentants de la communauté porteuse dudit projet, conduite par le Directeur de cabinet du Ministre du Tourisme, de la culture et des arts, M. KPAYE K. Bakayota.
En effet, c’est grâce au travail de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel que fait le ministère chargé de la culture que ce troisième élément, EKPESOSO, a été ajouté aux deux autres éléments déjà inscrits, notamment le genre oral Gélèdè et la « Maïeutique : connaissances, savoir-faire et pratiques » qui sont issus de candidatures multinationales.
Pour aboutir à l'inscription d’un élément sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, il faut monter le dossier de candidature, le soumettre et attendre son évaluation pour être inscrit lors du Comité.
L’Académie du Guingbe et des savoirs endogènes guin et mina a pris l’initiative de l’inscription. Cette association a été accompagnée techniquement sur toute la ligne par la direction du patrimoine culturel pour le montage du dossier afin que ce dernier puisse remplir les cinq (05) critères de sélection.
Une fois le dossier monté, il a été soumis en février 2024 par la direction du patrimoine culturel au secrétariat de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Après étude du dossier et son évaluation de décembre 2024 à octobre 2025, le secrétariat a fait le point des dossiers qui seront inscrits lors de la 20ème Session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à New Dehli en Inde dont ledit dossier du Togo.
Il est d’une nécessité de souligner les appuis institutionnels de la Délégation permanente du Togo auprès de l’UNESCO à Paris et de la Commission nationale togolaise pour l’UNESCO à Lomé.
L'inscription de « La prise de la pierre sacrée ou les rites du nouvel an en pays Guin au Togo » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO est la preuve que l’élément, qui appartenait à la communauté Guin, rentre dans le patrimoine commun de l’humanité. Il contribuera à assurer la visibilité et la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel immatériel de façon générale et contribue au dialogue entre les peuples dans le respect de la diversité culturelle. Au plan local, l’élément a fait l’objet d'inventaire, au plan national de classement et au plan international d’inscription. Ce sont des mesures qui renforcent la sauvegarde du bien. Par cette inscription, la sauvegarde de l’élément n’est plus du seul ressort de la communauté, mais devient national et international avec le regard dévoué de l’UNESCO. Ainsi la communauté peut compter sur des partenaires pour assurer la sauvegarde, la conservation, la valorisation et la transmission de cet élément aux jeunes générations afin d’étendre la durée de vie de ce patrimoine culturel immatériel. L’inscription motive la fierté locale, nationale et régionale ou africaine car l’Afrique est sous représentée sur cette Liste.
L’inscription accorde plus de visibilité à l’élément et stimule les perspectives de projets de développement et le tourisme. Les défis de l’après inscription sont, entre autres, l’élaboration d’un plan de sauvegarde de l’élément ; l’intégration du bien inscrit dans les documents de développement local et national ; son appropriation collective par tout le peuple guin et la participation effective et active au rapport périodique du patrimoine culturel immatériel chaque quatre ans.
Représentatif de toute l’aire culturelle guin, EKPESOSO n’est qu’une étape dans le processus rituel d’entrée dans la nouvelle année guin, Epé Ekpé. Mais avant cette étape, des cérémonies et des consultations sont organisées. Elles sont regroupées en différentes phases à savoir : Sédodo (décrets des interdictions) ; Situtu (rite de purification) ; Montata (aplanissement de la voie) ; Blikumama (distribution des grains de maïs) ; Tchessidodo (préparation de l’eau de purification) ; Avéfonfon (débroussaillement de la voie) ; Ekpesoso ; Nloli Yogbé (invocation des morts) ; yêkêyêkê dugbé (repas du couscous traditionnel fait à base du maïs) ;Nlowa nagbé (nouvel an guin) ; Ekpantchontchon (carnaval) ; Vodudzé Apu (retour des divinités à la mer) Yêkê-Yêkê.
La deuxième session de l'organe transnational de gestion du site Koutammakou s'est tenue les 19 et 20 novembre 2025 à Défalé au Togo, Cette séance de travail intervient après l'approbation, à travers la décision 45 COM 88.7 de l'UNESCO, de la modification des limites du Koutammakou, le pays des Batammariba, pour inclure celui du Bénin, désormais reconnu comme patrimoine mondial, suite à une extension. Le comité du patrimoine mondial a dès lors, recommandé de mettre en place un organisme transnational de gestion du bien, sous la supervision des deux Directions du patrimoine culturel du Togo et du Bénin et d'en définir les modalités de son fonctionnement et ses missions.